L'île
Verte - France ou Canada ?I.
Interprétations de l'accord de 1972
Lors
de l'accord de 1972, sa position fut utilisée pour délimiter les
eaux territoriales entre les deux pays. On en retrouve un extrait dans la publication
"Limits in the Seas, No. 57, "Canada-St. Pierre and Miquelon Territorial
Sea Boundary,"12 September 1974" On y lit : "The
line which determines the limit of the territorial waters of Canada and the zones
submitted to the fishery jurisdiction of France extends northward and westward
in a series of eight connected straight lines joining the following points
(...) 5 The low water mark on the west point of the south-westernmost island
of the Little Green Island group. Latitude 46°51'36"N., Longitude 56°05'58"W.
approximately. 6 The intersection of the French mid-channel line of 1907 with
a line parallel to, and 3 miles distant from a line joining Green Island to Dantzig
Point. Latitude 46°55'52"N., Longitude 56°07'47"W. approximately.
7 The intersection of the French mid-channel line of 1907 with the median line,
equidistant from Bout du Nordet (France) and Little Plate Island (Canada). Latitude
47°06'02"N., Longitude 56°06'18" W. approximately"
Les canadiens et les français utilisent donc l'Ile verte comme balise territoriale
Les américains considèrent sans raison que cette île est canadienne:
"Point 4 and 5 are separated by a distance of 0.35 nm. Point 5 is not equidistant
from the two sovereignties, but is located at the low-water mark on the west point
of the south-westernmost island of the Little Green Island group, which is Canadian.
"
II.
Extrait du livre de Georges Nestler Tricoche Editions Pierre Roger - 193?
"Un
de ces îlots, l'île Verte, où l'on aurait à peine la
place de bâtir une maison de taille ordinaire et ses dépendances,
contient ce qu'on appelle en plaisantant ´ la frontière de terre
de Saint-Pierre-et-Miquelon ". C'est qu'en effet, il appartient par moitié
à la France et à Terre-Neuve. Il doit y avoir une bonne raison pour
cet état de choses. Un loustic qui, à mes cÙtés, sur
le pont du Farnorth, m'entendait faire cette réflexion, se mit à
rire : ó Peut-être, me dit-il, cette raison est-elle aussi oubliée
que le fameux règlement qui, jadis, à Malte, avait confié
à un sous-officier retraité la garde du bélier de la garnison.
Le bélier mourut, mais la consigne resta en vigueur pendant un siècle,
le dernier titulaire n'ayant plus même aucune idée de sa propre raison
d'être ! "
III.
Extrait de LA NATURE, Revue des sciences et de leurs applications à l'art
et à l'industrie.
13
juin 1925, Masson et Cie, Editeurs, 120 boulevard Saint-Germain Paris. "Les
flancs sont accores, inabordables ; mais par contre, la rade est fort bien abritée,
pourvue de quais en bois, avec cales et appontements. Autour de Saint-Pierre se
groupent un petit nombre d'îlots de moindre importance ; l'île Verte,
la plus éloignée, avec son phare, qui appartient aux gens de Terre-Neuve
; "
IV.
Extrait du livre d'Egar Aubert de la Rüe.
étude de géographie
physique et humaine, Extrait du Journal de la société des Américaniste.
Nouvelle Série. t. XXIX 1937. p 239-372 "Le
statut politique de l'Ile Verte n'a jamais été bien défini.
En 1908, le Gouvernement de Terre-Neuve décida d'y installer un phare et
une sirène à brume, ce qui provoqua un vif émoi à
Saint-Pierre. Si l'île n'est pas située dans les eaux territoriales
françaises, elle est du moins placée exactement au milieu du chenal
séparant Saint-Pierre et Miquelon de la grande terre voisine, sur la ligne
marquant la limite des droits de pêche respectif des deux territoiresé
Comme je l'ai dit précédemment, on considérait généralement
à Saint-Pierre, jusque là, ce petit lambeau de terre comme neutre
et l'établissement d'un phare par le Gouvernement de Terre-Neuve apparut
comme un acte d'occupation. Celui-ci assura que son projet ne modifiait en aucune
façon les droits de pêche des français, jusqu'à mi-chenal,
droits résultats du traité de 1783. Il est probable qu'en réalisant
ce projet de construire sur l'Ile Verte, une sirène à brume certainement
utile à la navigation, les autorités de Terre-Neuve s'offraient
en même temps un excellent poste d'observation pour surveiller le trafic
entre leur cÙte méridionale et Saint-Pierre et réprimer la
contrebande et les exportations de boÎtte, que certains colons de la presqu'ile
de Burin faisaient vers Saint-Pierre malgré l'interdiction formelle du
Bait Bill. La question fut soumise au ministre des Colonies et à celui
des Affaires
trangères français qui, sans se prononcer formellement
à ce sujet, semblèrent admettre que l'Ile Verte et les petits ilots
voisins étaient compris parmi les îles adjacentes à Terre-Neuve,
cédées définitivement par la France à l'Angleterre
aux termes de l'article 13 du traité d'Utrecth en 1713 et du Traité
du 3 septembre 1783 et que, par suite, cette puissance était investie du
droit de souveraineté à son égard malgré l'absence
de toutes stipulations expresses à ce sujet. Le Gouvernement français
ne s'opposa donc pas à la construction de la sirène à brume
puisqu'il n'était pas dans les intentions des autorités terre-neuviennes
de modifier les droits de pêche dans ces parages" |