| SAINT-PIERRE
ET MIQUELONPrésentation par Georges PouletACADEMIE DES
SCIENCES D'OUTRE MER |
L'Archipel
inconnu. UN PEU DE GEOGRAPHIE LA
DECOUVERTE L'ANCIEN REGIME ET LA RIVALITE FRANCO- ANGLAISE
LA REVOLUTION ET L'EMPIRE LE RETOUR
L'ORGANISATION LA PECHE ET LA
MARINE A VOILES LES ANNEES 1880 LE
DECLIN DE 1904 PREMIERE GUERRE MONDIALE ET PROHIBITION
LA CRISE DE 1934 L'APRES-GUERRE:
RETOUR DE LA DEMOCRATIE ELECTIVE EXPANSION DE LA PECHE
INDUSTRIELLE - 1950 - 1980 L'HORIZON S'ASSOMBRIT A TRAVERS
LES STATUTS DEPARTEMENTALISATION (1976-1985) DECENTRALISATION
- STATUT HYBRIDE MAIS SUR MESURE UNE ZONE ECONOMIQUE
REDUITE - UNE RESSOURCE QUI DISPARAîT 1993 - LE
MORATOIRE CANADIEN L'AVENIR PERSPECTIVES
VIE CULTURELLE ANNEXE - APERCU
HISTORIQUE SUR LA MONNAIE A SAINT-PIERRE ET MIQUELON CURRICULUM
VITAE | PREMIERE GUERRE MONDIALE ET
PROHIBITION : Survient la guerre de 1914-1918, où, bien qu'exemptés
de service militaire par un décret du Directoire du 3 prairial, An VII,
tous les hommes de moins de 35 ans furent mobilisés. Un tiers ne revint
pas. La colonie vivote, servant d'escale aux pêcheurs de Saint-Malo, lorsqu'en
1922, le Président de la République (en voyage officiel à
Alger), c'était Alexandre MILLERAND, contresigne un décret qui levait
pour Saint-Pierre la législation protectionniste sur l'importation des
alcools étrangers dans les colonies françaises. Ainsi commença
"le temps de la Prohibition". En fait la Prohibition avait été instaurée
aux Etats-Unis par le Volsteadt Act, et la situation frontalière de Saint-Pierre
lui permit d'exploiter à fond les conséquences de cette loi en Amérique.
Une gigantesque contrebande s'organisa. L'Archipel devint, très légalement,
un énorme entrepôt d'alcool, dont les taxes de débarquement,
quoique minimes, rendirent florissantes les finances locales. Ainsi purent être
financés d'importants travaux d'équipement. Le chômage disparut.
On vit même les fonctionnaires être autorisés à faire
de la manutention. La sortie des alcools était aussi parfaitement légale,
et ce n'est qu'à l'intérieur des eaux américaines qu'elle
devenait "la fraude". Toute une flotille de "rhum runners" était basée
à Saint-Pierre. Les caisses, vidées de leurs bouteilles qui étaient
mises en sacs, servaient au chauffage ou à la construction. Quant aux sacs,
ils étaient immergés dans des endroits convenus, voire même
débarqués sur des côtes dont l'immensité rendait difficile
la surveillance. Tout était pour le mieux, avec cependant une pénétration
inquiétante de la mafia. On montre ici aux touristes "le canotier d'AI
Capone" pieusement conservé par un hôtelier local, et on raconte
le don qu'il fit à l'évêque pour la réfection de la
cathédrale. Et puis, ce fut subitement la catastrophe. |