TRADUCTION INTEGRALE DE: SECRETS OF THE NORTH
ATLANTIC ISLANDS - EDWARD ROWE SNOW
DODD,
MEAD AND COMPANY. NEW YORK. 1950
Chapter XI – CAPE BRETON
AND SAINT PIERRE – Pages 226 to 234 –
Reprinted
for the website of THE SAINT PIERRE ET MIQUELON ENCYCLOPEDIA with permission from
the family of the author.
http://www.flyingsanta.com/
TRADUIT
PAR ANDRE LAFARGUE
LES SECRETS DES ILES DE L'ATLANTIQUE
NORD
EDWARD ROWE SNOW – Chapitre XI – Pages
226 à 234.
Ce texte a été traduit
et il est publié sur ce site avec la permission de Madame Dolly Bicknell
la fille de l'auteur. La version anglaise numérisée est aussi disponible
sur ce site.
MIS EN PAGE PAR MARC CORMIER
Le
brouillard s'est levé suffisamment longtemps pour qu'on puisse enfin s'envoler
vers les îles de St Pierre, Langlade et Miquelon. Quand le journal local
de Sydney le « Port-Record », apprit que j'allais porter mon costume de Père Noël Volant,
ils prirent la décision d'en faire un reportage pour leurs lecteurs. Ils
savaient ce que moi je ne savais pas, c'est à dire que jamais de mémoire
d'homme, un Père Noël n'avait fait escale dans ces îles isolées
de la sorte.
C'est
alors que nous partîmes donc à cinq pour faire un saut de pas de
géant pour traverser la mer jusqu'à la dernière possession
française d'Amérique du Nord. La Maritime Central Airways
avait mis deux pilotes à ma disposition, Le Capitaine H.S. Jones et le
capitaine Ray Meraghan. Il y avait aussi Ian McNeil le journaliste du « Port-Record »,
John Walker le photographe du journal et moi bien sur.
Tôt
après le décollage de Sydney on rencontrait des vents turbulents,
mais rien qu'à voir l'état de la mer en dessous de nous, nous étions
bien contents d'être en avion. En survolant les petites îles au large
du Cap Breton avec leurs phares solitaires on pouvait voir les écumes des
vagues qui se jetaient sur les côtes rocailleuses.
Enfin
St Pierre apparut dans un trou dans les nuages devant nous et nous avons survolé
les deux autres îles avant d'atterrir. Nous avons vu juste en dessous de
nous un terrain d'atterrissage en ligne droite et un groupe de personnes. Nous
nous posâmes et nous dirigeâmes vers le bureau de douane extérieur.

Les
enfants entourèrent bien vite l'avion. J'avais enfilé mon costume
de Père Noël et, un par un les petits français s'approchèrent
timidement pour chercher leur cadeau. Ce fut pour moi une expérience très
étrange justement parce que les enfants avaient un air si serein. J'avais
bientôt distribué tous mes cadeaux à part une énorme
boite de barres de chocolats à 5 cents. Je vidais la boite en la jetant
en l'air dans la foule et c'est alors que les enfants s'excitèrent et se
précipitèrent sur les bonbons en riant aux éclats.
Alors pensai-je : « J'ai enfin rompu la glace ». Ce
ne fut qu'à ce moment là que je compris ce que les autres dans l'avion
savaient déjà, c'est à dire qu'il n'y avait jamais eu de
Père Noël comme cela à St Pierre auparavant et les enfants
ne savaient pas comment réagir en sa présence. En jetant les
barres de chocolat en l'air en geste de désinvolture ils se rendirent compte
que le Père Noël avait finalement un côté humain.
A
partir de ce moment là les langues se délièrent et le Père
Noël et les enfants se mirent à converser librement en très
bon français de St Pierre sur toutes sortes de sujets d'intérêt
commun.
Quand
finalement le dernier enfant avait pris le chemin du retour à la maison
avec ses cadeaux, je pus me changer et mettre mes vêtements de ville.
Les agents de la douane furent plus qu'aimables avec moi car je n'avais
ni passeport, ni carte d'identité ou certificat de naissance pour m'identifier
dans un pays étranger. Après avoir passé un examen succinct
et avoir déclaré « Je n'ai rien à déclarer
messieurs », on me laissa monter dans un taxi qui nous emmena en ville.
Nous
arrivâmes bientôt à la résidence de Monsieur Gui (sic.)
Cletch, qui faisait fonction de gouverneur par intérim. Il avait
invité un grand nombre de personnalités officielles de l'île
et il nous reçut dans son très beau salon pour discuter librement
des affaires passées, présentes et futures de l'archipel. Apres
une très longue conversation nous décidâmes d'aller visiter
les points importants de l'île. Je laissais au bon soin de Monsieur Cletch
des cadeaux pour les employés des phares de l'archipel et nous partîmes
faire le tour de l'île.
Les
officiels tenaient à ce que nous rendions visite à ce qu'ils appelaient
" le cabaret". Ils insistèrent tellement en répétant
leur invitation que nous commençâmes à nous demander si Saint
Pierre avait un endroit qui pouvait faire concurrence aux Folies Bergères.
Finalement, nous consentîmes à descendre la côte jusqu'au Cabaret
Joinville, mais toute idée frivole que nous aurions pu avoir au préalable
fut dissipée tout de suite en y arrivant ! Ce « Cabaret » n'était
autre que salle de danse où baignait encore l'atmosphère de la vieille
France. Au milieu de la salle à droite se trouvait une petite plate-forme
surélevée où les mamans de Saint Pierre pouvaient voir danser
leurs petites filles sur des airs de radio en provenance de Terre-Neuve. On nous
apprit que rien n'échappait aux regards de faucons des mamans de Saint
Pierre perchées dans les loges. Tout confus et un peu embarrassés
nous retournâmes à la Résidence du Gouverneur.
L'île
de Saint Pierre mesure à peu près 5 miles de long dans l'axe Nord-est
au Sud-ouest. Au Nord de la Pointe à Henry se trouve le Grand Colombier
qui s'élève jusqu'à 492 pieds. Les autres îles sont
les Ilots Massacre, Vainqueur, Pigeon et Chasseurs. Les cailloux à
fleur d'eau qui abondent dans les parages se nomment : La Chatte, l'Enfant
Perdu, Les Canailles, Les Grappinots, la Basse de la Marne, la Basse de la Bonnière,
Le Caillou Hache et Les Cailloux de Terre.
Langlade
ou Petite Miquelon, est séparé de Saint Pierre par un passage de
mer de 3 miles de large appelé La Baie. Le point culminant de Langlade
est à 656 pieds au-dessus de la mer, et du côté Nord-est se
trouve le Cap Percé ainsi appelé car il est formé d'une arche
rocheuse qui vaut vraiment la peine d'être vue. Du phare de Pointe Plate
au sud-ouest jusqu'au Cap Percé il y a environ 8 miles.
Dans
le passé il était nécessaire d'aller en bateau de Langlade
jusqu'à l'île voisine, Miquelon, mais depuis plus d'un siècle
une dune de sable a relié les deux îles. Sur cette dune un
nombre incalculable de naufrages ont eu lieu auxquels on attribue plusieurs histoires
intéressantes. Mais ceux qui pouvaient nous raconter ces histoires parlaient
le Basque pur, une langue que des aventuriers anglais comme nous avaient bien
de la difficulté à comprendre.
Je
réussissais à comprendre tant bien que mal, et assez bien, deux
de ces histoires que je pouvais coucher sur papier. La première concerne
un fantôme vêtu de noir et qui ressemble en bien des points à
la Dame du Fort Warren du Port de Boston, qui erre sur la dune pour protéger
son mari qui s'est noyé lors du naufrage de son bateau en 1835. Il est
dit qu'elle lui était apparue en mer et qu'elle était responsable
du naufrage dans un brouillard épais, mais on ne me donna pas assez de
détails pour pouvoir tout comprendre de l'histoire.
L'autre
histoire est plus tragique et sûrement véritable. Un enfant à
bord d'un bateau qui avait fait naufrage près de Pointe Plate fut mordu
par un chien affamé et enragé. L'enfant est mort d'une mort atroce
en convulsions avant que le médecin de Saint Pierre puisse venir par bateau
à son secours.
La
dune de sable qui relie les deux îles est longue de 4 miles. Elle s'arrête
au Nord au Grand Barachois ou Lac de Miquelon. A partir de ce Lac et en voyageant
dans le sens des aiguilles d'une montre au tour de Miquelon on rencontre
la Pointe au Cheval, L'Anse de la Carcasse Cove, un autre Lac, Le Bourg de Miquelon,
le Cape Blanc avec son phare, La Montagne du Calvaire, l'Echelle, Le Bec, La Cormorandière
et le Nid d'Aigle à la pointe Nord. Ensuite on arrive au Sud au Cap
de Miquelon, La Pointe aux Outardes, La Baie de la Vierge, la Route de Miquelon,
le Chapeau de Miquelon, La Pointe au Soldat, la Pointe aux Alouettes et on
est de retour au Grand Barachois, ayant fait tout le tour de l'île. Du Nid
d'Aigle au Lac il y a une distance de 8 miles. La plus grande distance de l'île
est entre le Nid d'Aigle à la Pointe Blanche de Saint Pierre, il y a vingt-six
miles. Les trois îles ont en tout une superficie de quatre-vingt treize
miles carrés.
Le
climat est très rude durant l'hiver et les Saint Pierrais doivent souvent
percer des tunnels au travers des congères qui se forment dans les rues.
Il est difficile à croire que Saint Pierre qui se trouve si loin plus au
Nord que nous se trouve en fait sur la latitude à plus de 100 miles au
Sud de celle de Paris. Les températures moyennes annuelles y sont de dix
degrés au-dessus du point de congélation. Les lilas y fleurissent
après le quatre juillet et le court été est chaud.
Saint
Pierre est équipé d'eau courante et un réservoir dans les
collines alimente suffisamment la ville. Il y a aussi l'électricité
et l'éclairage des rues. Ce n'est pas le cas à Miquelon.
Le
bois de chauffage est si rare à Saint Pierre qu'on envoie les enfants avec
des charrettes à chien couper des branches de spruces nains qui poussent
dans les collines.
La
population est divisée en 3 parties : les marchants, les officiels
du gouvernement et les pêcheurs. Les pêcheurs sont pauvres mais les
marchants et les officiels y vivent confortablement.
En
1940 après la capitulation de la France, trente chalutiers et voiliers
transportant un équipage de 1500 hommes y cherchèrent refuge. Pendant
plusieurs semaines la ville bourdonna d'activité quand tout le poisson
de ces navires fut tranché et séché au soleil.
L'argent
et les timbres de Saint Pierre viennent de la vieille France mais on y trouve
tout un mélange d'argent de Terre-Neuve et de l'Amérique chez tous
les marchants. Malgré toute les influences externes, il est
évident que Saint Pierre va toujours rester fidèle à la France.
J'ai
interviewé l'Evêque, le docteur Raymond Martin, Préfet Apostolique
qui gardait ses fidèles malgré tous les déboires financiers.
J'ai eu une très longue conversation avec lui au sujet de l'avenir de Saint
Pierre. « La France nous garde ici en tant que vestige de la vieille
France, car nous sommes la dernière parcelle de l'Empire. »
me dit-il.
Personne
ne sait qui au juste, a découvert Saint Pierre, mais quand Jacques
Cartier s'est arrêté ici en 1536 Saint Pierre portait déjà
son nom. Il est indéniable que ce nom vient de Saint Pierre le patron et
protecteur des pêcheurs. Les premiers navigateurs portugais appelèrent
Miquelon « Ile Miguel » et Miquelon est une forme normande
de Miguel. Voltaire dans son Louis XIV les appelle les Iles Miquelon.
On
dit que la majeure partie des habitants sont des descendants des compagnons de
Champlain, des Basques, Normands et Bretons qui faisaient parti de la colonisation
du Canada. Quand les Acadiens furent chassés de Grand Pré, plusieurs
d'entre eux firent route vers Saint Pierre où ils y établirent résidence.
En 1713
les îles furent cédées à l'Angleterre avec Terre-Neuve,
mais après la victoire de Wolfe en 1759 à Québec les îles
furent rendues à la France comme dernier bastion en Amérique.
Après avoir changé de mains plusieurs fois les îles furent
définitivement cédées à la France en 1815.
En
1884 Saint Pierre était l'un des plus grands (et certains disent même
que c'était le plus grand) port au monde. Le commerce de sel et de poisson
atteignait plus de trente-huit millions de francs par an. Chaque printemps des
bateaux quittaient les ports de Dieppe, Saint Brieux et Saint Malo, en route pour
ces petites îles. Des bateaux de pêches avec des équipages
de Bretons et de Normands partaient vers les bancs de peches. Quand leurs cales
étaient chargées à rabord ils revenaient décharger
le poisson à Saint Pierre et repartaient sur les bancs. Pendant ce temps
là leurs femmes et leurs enfants apportaient et étalaient le poisson
sur les graves pour qu'il sèche au soleil.
Comme
à Terre-Neuve beaucoup de bateaux ont des chiens à leur bord. Ils
servent pour aller chercher la morue qui tombe par-dessus bord, pour avertir de
la brume et pour faire des sauvetages en mer.
En
descendant près du rivage où les pêcheurs déchargent
leur marée du jour, on a passé près de 3 canons qui constituent
les dernières fortifications de la France en Amérique. Il y en avait
quatre à l'origine mais un joyeux fêtard un jour de quatorze juillet
en fit exploser un en même temps que lui-même. Il est donc dit qu'il
est la seule victime de ces fortifications.
Les
résidents de Saint Pierre ont une occupation annuelle qui consiste à
pêcher le capelan, un petit poisson qui vient se jeter au rivage chaque
année. En juin et juillet le poisson vient près du rivage et ils
le pêchent à la seille ou au filet et l'apportent sur les étales
pour le nettoyer. Il est ensuite salé et séché puis exporté
en France où il rapporte un bon prix.
Dans
le bon vieux temps il y avait beaucoup de bœufs qui transportaient les cargaisons
de poissons sur l'île mais maintenant leur nombre est réduit.
On voit quand même assez fréquemment des charrettes à chiens
qui transportent le bois de chauffage pour l'hiver.
Pour
chaque quintal ou 112 livres de poisson, le gouvernement de France donnait alors
aux pêcheurs un bonus de neufs francs soit le tiers de la valeur du poisson.
Il y avait alors six mille résidents qui vivaient à l'année
longue sur Saint Pierre et Miquelon, en comparaison à 4700 aujourd'hui,
et de mai à octobre plus de dix milles marins visitaient les îles.
Les marchants se remplissaient les coffres et pouvaient envoyer leurs enfants
étudier en France et se tremper dans la culture française.
Mais Terre-Neuve fut la cause de la ruine de Saint Pierre quand
son gouvernement déclara sans prévenir le « Bait Bill ».
Les gens de Saint Pierre s'étaient toujours approvisionnés de boette
sur la côte de Terre-Neuve et les hommes de Terre-Neuve avaient toujours
protesté contre le fait que la France aidait les pêcheurs de Saint
Pierre en leur donnant un bonus. Le Bait Bill interdit aux marchants, pêcheurs
ou marins de Terre-Neuve de vendre de la boette aux pêcheurs de Saint Pierre
ou de Miquelon.
Quand
les hommes d'affaire qui financent les entreprises de pêche ont appris que
Terre-Neuve ne leur vendrait pas de boette, ils hésitèrent à
engager et à payer le transport des marins de France. Apres quelques années
on développa des nouvelles méthodes de pêche en utilisant
des navires basés en Bretagne, en développant des nouvelles méthodes
d'obtenir de la boette en péchant les coucous (berniques) sur les fonds
de pêche et en envoyant la morue directement en France dans des bains de
saumure sur des grands bateaux. Maintenant les pêcheurs de France font escale
à Saint Pierre seulement quand ils besoins de réparations ou pour
se ravitailler.
Je
fis un brin de causette avec un vieux pêcheur qui me parla de la pêche
à l'encornet. En dépit de l'écœurement que l'on ressent
quand on parle de cette pieuvre géante, la petite pieuvre ou encornet,
est très recherchée comme boette pour la morue et nombreux sont
ceux qui l'aiment comme délicatesse de table. Ce pêcheur m'apprit
qu'à Saint Pierre on pêche l'encornet à la turlute. On les
prépare pour les cuire en enlevant la tête et les viscères
et en enlevant la peau gris-brune de la poche. Cette poche est ensuite lavée
et on la remplit d'une farce de viande à saucisse, oignons, ail, et miettes
de pain. Après une nuit sur la glace on les passe au beurre brun le lendemain
matin puis on les fait cuire à feu doux dans une sauce au vin. On nous
dit qu'ils sont « riches mais bons ». Cependant nos
repas à Saint Pierre n'inclurent jamais ce délice de gourmet, alors
nous n'avons jamais su que nous avons manqué de goûter.
Les
prix sont raisonnables à Saint Pierre, surtout les parfums, les montres
et les alcools rares. Saint Pierre est le seul endroit en Amérique du Nord
on l'on peut acheter le meilleur rhum disponible au monde pour l'équivalent
de 4 cents le verre. On y vent le Champagne à quatre-vingt cinq cents
la bouteille. Le Cognac et les autres Liqueurs se vendent juste au-dessus de un
dollar la bouteille. C'est aussi ici que vous pouvez acheter les meilleures
des montres Suisses pour 15 dollars qui se vendent à New-York pour plus
de 125 dollars. La dentelle française de première qualité
s'achète à 18 cents le mètre et j'ai acheté
un flacon de l'excellent parfum de France « Christmas Bells »
pour le neuvième du prix sur le marcher à Boston.
Saint
Pierre connut sa plus grande période de prospérité durant
la Prohibition aux Etats Unis. Nombreux résidents firent fortune presque
du jour au lendemain ( et plusieurs perdirent leur fortune tout aussi vite )
en envoyant par bateau des alcools en Amérique. En 1935 le gouvernement
francais signa un accord avec les gouvernements du Canada et des Etats Unis pour
arrêter le trafic de fraude mettant fin subitement à la prospérité
de nombreux Saint Pierrais.
La
plupart des bâtiments sur Saint Pierre ont l'air un peu dilapidés
vus de l'extérieur mais à l'intérieur plusieurs sont
des vrais palais. Dans la partie basse de la ville les bâtiments sont recouverts
de « stucco » et peints de couleurs vives en rouge et jaune.
Les maisons qui sont un peu à l'écart du centre-ville ont tendance
à être recouvertes de « clapboard ».
Pendant une période 15 ans durant le dernier siècle il y
a eu 3 gros incendies et en 1939 quatre pâtés de maisons au plein
cœur de la ville ont été complètement détruits.
Depuis ce temps là chaque maison doit avoir en permanence une échelle
sur le toit.
Quand la France a capitulé pendant le seconde guerre mondiale Saint
Pierre connut des évènements mouvementés. Pendant un certain
temps on croyait que Saint Pierre allait suivre la France. Le Baron Gilbert de
Bournat, l'administrateur de l'archipel, un parisien, était fidèle
à Vichy et au Maréchal Pétain mais selon le magazine Time
du 5 janvier 1942, finalement trois corvettes ( steatopygous) de la France Libre
arrivèrent sous le commandement du Vice-Amiral Emile Henri Muselier et
les forces Françaises Libres débarquèrent au quai de Saint
Pierre le 24 décembre 1941. Il maîtrisa bien vite le petit effectif
de onze gendarmes qui gardaient les îles.
Avant
l'arrivée de Muselier cent cinquante Saint Pierrais avaient déjà
rejoint les forces canadiennes. La plupart des îliens soutenaient la cause
de DeGaule, mais Muselier décida qu'il serait prudent de faire un
plébiscite. Les résultats montrèrent que 783 Saint Pierrais
supportaient De Gaule, 14 Pétain et 215 bulletins étaient nuls.
Quand on annonçât les résultats un orchestre joua La Marseillaise
sur le quai et rares étaient ceux qui n'avaient pas la larme à l'œil.
Aucun coup de fusil n'avait été tiré pour ce changement de
gouvernement, bien que Muselier était prêt à faire face si
les Pétainistes avait essayé de prendre le dessus sur la population
de Saint Pierre.
Durant notre séjour nous remarquâmes chez les gens un fort
sentiment de mal de pays envers la Mère Patrie. Les gens ne mentionnèrent
jamais combien ils étaient proches de Terre-neuve mais ils exprimèrent
plutôt combien ils étaient éloignés de la France.
Nul
part ailleurs en Amérique du Nord on retrouve autant l'atmosphère
d'un pays étranger qu'à Saint Pierre. Au moment même où
l'on met le pied sur le sol du terrain d'aviation et quand les gendarmes français
nous accueillent on remarque cette différence. Ces mêmes gendarmes
auraient pu être tout aussi à leur place sur les Champs Elysées
que sur le terrain d'aviation de Saint Pierre, en Amérique du Nord, battu
par le vent.
Je me pris d'affection pour une petite gamine de l'île et quand
je quittais le centre ville de Saint Pierre pour le terrain d'aviation cette petite
fille de France de dix ans était assise sur mes genoux et chantait La
Marseillaise. Avant mon départ elle me chuchota un secret à
l'oreille, mais elle me fit promettre de ne pas le dire à sa petite sœur ;
à son age avancé elle m'avait reconnu comme étant le
Père Noël de l'avion. Elle me dit bien sur qu'elle ne dirait rien
pour ne pas alerter sa petite sœur de sept ans.
Plus
tard cet après-midi là nous atterrîmes à l'aéroport
de Sydney où un avion de la Trans-Canada Air Lines m'attendait pour me
ramener à Boston. Cette même soirée, alors que j'arrivai à
l'aéroport de Boston j'eus cette étrange sensation d'avoir été
à la fois en France, au Canada et aux Etats Unis dans l'espace de 5 heures.
NOTESDODD,
MEAD AND COMPANY. NEW YORK. 1950 - Chapter XI – CAPE BRETON
AND SAINT PIERRE – Pages 226 to 234 – Reprinted for the
website of THE SAINT PIERRE ET MIQUELON ENCYCLOPEDIA with permission from the
family of the author.
Andre,
I've asked Dolly
Bicknell, Edward Rowe Snow's daughter, if it would be OK for you to translate
that material and use it on the site. I think it will be fine -- I'll let
you know.
Sun 19/01/2003 4:11 PM
Andre,
Sorry
this took a while -- below is a response from Edward Rowe Snow's daughter regarding
the “translating” and “the posting” of that "Flying
Santa" material.
Thanks,
Jeremy
Jeremy,
I was reviewing my old unanswered emails, and found this one. It mentions
a gentleman who wished to translate and put something of my dad's on his website.
That sounds OK to me, as long as he gives him credit.
Thanks,
Dolly
Edward
Rowe Snow also known as the Flying Santa visited St Pierre in December 1949. He
wrote more than 40 maritime books. http://www.flyingsanta.com/