|
Du nouveau
sur ces familles liées à l'histoire de l'Acadie:
De cette
famille de MENOU, gouverneurs d'Acadie et.. de Nantes. L'Acadie,
cette partie du Canada formant actuellement les provinces de l'Est du Canada appelées
Nouvelle Ecosse et Nouveau-Brunswick, furent les terres où se produisit
la première colonisation française en Amérique du Nord. Champlain
y fonda une première colonie en 1603-4, qu'il délaissa peu après
pour s'intéresser au fleuve Saint Laurent et fonder Québec. L'Acadie
connaîtra alors des fortunes bien diverses, des conflits avec l'anglais
sinon entre français eux-mêmes, tels ceux entre Charles de Menou
d'Aulnay et Charles de la Tour. Charles
de Menou d'Aulnay, fils d'un petit seigneur de Charnisay, en Indre et Loire, y
succéda à un gouverneur nommé Isaac de Razilly. Menou d'Aulnay,
nommé par Louis XIII, occupa les fonctions de lieutenant général
de l'Acadie de 1636 à 1650. Sa mort mit fin à l'histoire de la famille
en Acadie. L'Acadie elle-même - passée sous domination anglaise en
1713 vit ses derniers jours arriver quand commença , en temps de paix et
en septembre de 1755, la déportation de 8000 de ses habitants de souche
française. Les anglais les transportèrentdans des conditions souvent
affreuses dans les futures colonies américaines, en rapatrièrent
également une grande partie en France. D'autres s'enfuirent au Québec,
plusieurs centaines passèrent dans les seules îles restées
françaises en Amérique du Nord: Saint Pierre et Miquelon. Quelque
1400 de ces acadiens, décus de projets d'établissement sur des terres
belliloises ou châtelleraudaises se regroupèrent en grande partie
sur Nantes à partir des années 1770, précédés
par une quarantaine d'entre eux, accostés à Nantes en décembre
1765, venus sur le navire "Les Deux Amis", en provenance de Miquelon1. Telle était
la situation à l'issue de ce traité de Paris qui, en 1763, nous
valait la perte totale du Canada. La
cité de ducs de Bretagne et port le plus important sur la côte Atlantique
n'apparaissait pas, selon les historiens de tous temps, avoir accueilli de réfugiés
entre 1758 et 1763. L'on n'imaginait même pas qu'il puisse y avoir à
Nantes quelque personnage de haute stature pouvant être mêlé
ou connaître l'Acadie. Ce n'était, semble-t-il, certes pas le cas.
Les proches descendants de la famille de Menou d'Aulnay, ce gouverneur d'Acadie
autrefois, y résidaient et occupaient même les fonctions les plus
hautes qu'on puisse y trouver. Les actes d'état-civil (2 ) ci-après
nous montreront que cette famille De Menou étends non seulement son influence
sur le château de la cité des Ducs de Bretagne, ce par le père
auquel le fils succédera, mais aussi sur les cinq évêchés
de Bretagne: MENOU
- (de) Charles - ancien gouverneur d'Arras, marié avec LADOUBARD-de-VERDELIN
Marie-Louise. Cette dernière est présente à Nantes en 1723,
où leur fils assure les fonctions de gouverneur. ENFANTS:
1_= MENOU (de) Louis-Joseph-I,
décédé le 9 juin 1754 à Nantes Sainte Radegonde. Il
est dit à son décès, brigadier des armées du Roi et
son lieutenant dans les villes et château de Nantes et Comté Nantais,
gouverneur du Gâvre, Epoux de Marie-Louise CHARETTE. Il est dit aussi baron
de Pontchâteau et seigneur de Cuissy. Note: Marie-Louise de Charette, femme
de Louis de Menou, est citée comme marraine, le 15 juin 1729, à
Nantes, paroisse Saint Donatien, de Augustin-Louis de La Tullaye, fils de Salomon-François
de la Tullaye et de Thérèse-Henriette Raccapé. 2_=
MENOU (de) Elisabeth. Epousa Joseph ADALBERT D'AUBRY. -----------------------
ENFANTS de Louis-Joseph
de MENOU et Marie-Louise CHARETTE: 1_=
MENOU (de) Marie-Charlotte, née le 27 août 1723 , paroisse Sainte
Radegonde de Nantes. Parrain: Messire Jacques-David de MENOU, prêtre, chanoine
de la Cathédrale de Chartres, représentant messire Charles de Menou,
brigadier des armées du Roi, ancien gouverneur d'Arras. Marraine: dame
Marie-Louise Ladoubard de Verdelin, grand-mère. 2_=
MENOU-(de) Louis-Joseph-I. Né le 14 février 1725 à Nantes
Sainte Radegonde. Son parrain fut Messire Claude-Charles de Menou, capitaine au
régiment de M. le Priou de Poise. La marraine fut Marthe Le Blond la Joupière
de Chouppes. Marié le 12 janvier 1751, paroisse Saint Denis, Nantes. Mariage
célébré par Mr l'abbé De Menou, docteur en théologie,
abbé de Bonrepos, scolastique dignitaire de la cathédrale de Nantes.
L' époux est dit Haut et Puissant seigneur messire Louis-Joseph de MENOU,
maréchal de camp des armées du Roi, gouverneur du Gâvre (
Château, près de Nantes et importante forêt destinée
à fournir mats et bois des navires royaux) et de feue dame Louise Charette.
L'épouse est Bonne-Emilie COCHON DE MAUREPAS, assistée de son père..
L'époux est quant à lui assisté de Haut et Puissant seigneur
Marie-Bernard de Menou, sous-lieutenant du régiment des Gardes, son frère.
Nous n'avons pas trouvé son décès à Nantes où
son dernier enfant, Jacqueline-Henriette, est née à Sainte Radegonde
le 3 juin 1764. 3_=
MENOU Anne-Louise. Née à Nantes, paroisse Sainte Radegonde, le 31
août 1726. Son parrain fut Messire Jean-Baptiste-Simon Boyer de Boissière,
trésorier général des Etats de Bretagne.Marraine: dame Anne-Thérèse
Henriette de Racapé, femme de messire François de la Tullaye, conseiller
du Roi et son procureur général en la Chambre des Comptes de Bretagne
( Nantes). Epousa Edmond de MENOU. Lors de son mariage, le 9 février 1750
à Nantes, paroisse Sainte Radegonde, son père est dit Chevalier
de Saint Louis, lieutenant du Roi au château de Nantes, maréchal
des Camps et Armées du Roi, Commandant pour sa Majesté dans les
cinq évêchés de Haute-Bretagne. La mère y est alors
dite décédée. Quant à Edmond de Menou, il est dit
Haut et Puissant seigneur de la Mée et de Pellevoisin, sa paroisse de Bourges,
capitaine au régiment des grenadiers de France, fils majeur de feu Edmond
de Menou, seigneur de la Mée et de Pellevoisin, colonel d'infanterie, chevalier
de Saint Louis et de Haute et Puissante dame Marie de Bocugt. 4_=
MENOU Louis-Vincent, né à Nantes, paroisse Sainte Radegonde, le
21 janvier 1730.Son parrain est messire Jean-Vincent, seigneur de Charette, la
marraine: Bonne-Elisabeth de l'Espinoze, veuve de Gabriel-Sébastien de
Rosmadec, chevalier, marquis de Haute-Goulaine, premier gentilhomme de sa Majesté
le Duc d'Orléans, frère unique du Roi. Il est mort âgé
de six ans et deux mois, le 13 avril 1736 à Nantes, paroisse Sainte Radegonde,
où son décès fut enregistré le lendemain. 5_=
MENOU-(de) Bernard, né le 18 mars 1731.Ondoyé le 19 mars, nous n'avons
trouvé qu'un supplément à son baptême, le 27 juin suivant,
à Nantes Sainte Radegonde.( N.B.: il est possiblement né au Gâvre).Son
parrain fut messire Bernard de Verdelin, maréchal général
des logis des armées du Roi, de la paroisse Sainte Eustache, de Paris.
La marraine était dame Marie-Louise Charette, épouse de Jean Vincent
de Charette, oncle maternel. 6_=
MENOU-(de) Henriette-Françoise, née le 26 septembre 1733 à
Nantes, paroisse Sainte Radegonde.Son parrain fut messire René-François
de MENOU, mestre de camp de cavalerie, exempté des Gardes du Corps de sa
Majesté, oncle.La marraine : dame Henriette PILIER De MENOU, dame de Motel,
tante par alliance, tous deux représentés. Elle se marie le 15 mai
1756 à Nantes, paroisse Saint Laurent, son père étant dit
baron de Pontchâteau, maréchal des Camps et Arméees du Roi,
commandant pour sa Majesté dans les cinq évêchés de
Bretagne, avec JOHANNE-de-la-CARRE Louis-George.Celui-ci est dit Haut et Puissant
seigneur, marquis de Saumory, seigneurs des Biffons, lieutenant-colonel de régiment
de Royal-Piemont cavalerie et gouverneur et grand bailli de Blois et gouverneur
en survivance du château royal de Chambord.Toujours lors de son mariage,
l'épouse est dite domiciliée au Couvent du Cherche-Midy en Saint
Sulpice de Paris et de droit en cette paroisse (Saint Laurent). 7_=
MENOU-(de) Charles-Elisabeth, né en septembre 1734 (le Gavre ??). Il meurt
jeune, à deux mois, le 10 novembre 1734 à Nantes, paroisse, Sainte
Radegonde. -----------------------------
ENFANTS De Louis-Joseph
de MENOU (né 1725) et de Bonne-Emilie COCHON De MAUREPAS 1_=
MENOU-(de) Louise-Victoire, née à Nantes, paroisse Sainte Radegonde,
le 19 mai 1752. Le père est dit Comte de Menou, baron de Ponchâteau,
capitaine au régiment de la Rochefoucault, recu en survivance à
la lieutenance du château de Nantes.Parrain: Messire Louis Joseph, comte
de Menou, maréchal des camps et armées du Roi, commandant en Haute-Bretagne,
grand-père. Marraine: Blanche-Victoire Cochon de Maurepas, marquise de
Coutances. Dans un autre acte, celui du décès de Françoise
de la Tour, le 21 janvier 1765 à Nantes, paroisse de Chantenay, il est
dit que la mère est Marie-Barbe Le Roux et que le père, jean de
la Tour est le secrétaire de monsieur le Comte de Menou. 2_=
MENOU-(de) Louis Marie, né à Nantes, paroisse Sainte Radegonde,
le 28 avril 1753. Parrain: messire Louis de Coutances, Marraine: Marie-Charlottte
de Menou, oncle et tante maternels, représentés par deux personnes
de basse condition. 3_
= MENOU-(de) René-Marie, né à Nantes, paroisse Sainte Radegonde,
le 13 septembre 1754. Parrain: Messire René de Menou, maréchal des
Camps et Armées du Roi. Marraine: Dame Marie Collineau, épouse de
monsieur de la Fouchais, apparentés par le père. Parrain et marraine
représentés par deux personnes de basse condition. 4_=
MENOU (de) Louise-Françoise-Emilie, née à Nantes, paroisse
sainte Radegonde, le 6 octobre 1756. Parrain:M. L'abbé DESCLOS, grand vicaire
de Narbonne,abbé de Vigeois.Marraine: Marie de Menou du Mée, tous
deux représentés. 5_=
MENOU-de) Narcisse-Balsame, né à Nantes, paroisse Sainte Radegonde,
le 1 janvier 1760. Parrain: Messire Louis-Victoire de Menou, frère. Marraine:
Marguerite Nicolle (femme de chambre de la famille de Menou) 6_=
MENOU Joséphine-Emilie, née le 9 mars 1761 à Nantes, paroisse
Sainte Radegonde. Parrain: messire Louis-Charles de Menou, frère, marraine:
Marguerite NICOLLE. Note: la marraine est femme de chambre de la famille menou.
7_= MENOU Jacqueline-Henriette,
née le 3 juin 1764 à Nantes, paroisse sainte Radegonde. Parrain:
Messire René-Marie De Menou, frère, représentant Monsieur
le marquis de Saumery.Marraine: madame la marquise de Saumery, représentée.
---------------------------- Ainsi
donc, lorsque les acadiens de Miquelon arrivèrent à Nantes en décembre
1765, (1) l'histoire de l'Acadie et de ces malheureux se trouvait loin d'étre
inconnue dans la cité bretonne. Des données fort intéressantes
se dévoilent ici, montrant par exemple que La marraine de Joseph de Menou,
né en 1725, fut une Marthe Le Blond la Joupière de Chouppes. Or,
l'un des petits hameaux situés près de la Chaussée, près
de Loudun au Poitou et donc avoisinant les terres de l'ancien gouverneur d'Acadie,
porte justement le nom de Chouppes. Quant au mariage du même personnage
( le 12 janvier 1751, paroisse Saint Denis à Nantes) , il est célébré
par Mr l'abbé De Menou, docteur en théologie, abbé de Bonrepos,
scolastique dignitaire de la cathédrale de Nantes. Ce personnage est également
l'abbé commendataire de l'abbaye de Bois de Cené, ( Baie de Bourgneuf)
connue sous le vocable de Notre-Dame de l'Assomption, dont les deux frères
Richelieu (Armand et Alphonse) furent aussi abbés avant 1653 (3) . Enfin,
parmi les personnages témoins sur ces actes, il est curieux de constater
la présence et les liens forts intimes qui unissent les familles de Menou
et de la Tour, ennemis pourtant jurés en Acadie. Michel
Poirier, Nantes, février 1999. Notes:
1- Voir les Acadiens
aux îles St Pierre & Miquelon, Nantes (thèse doctorat) et Moncton
(Editions d'Acadie) , 1984, p 54 et suiv. Un prochain article à paraître
dans la Cahiers de la Société Historique Acadienne, Moncton, Canada,
nous apprendra la présence en région nantaise d'un autre personnage
fort important dans l'histoire d'Acadie. 2-
Archives Municipales, Nantes. 3-
Nous en parlerons dans un très prochain article. Note:
l'article ci-dessus, " De cette famille de Menou, gouverneurs d'Acadie et.. de
Nantes" a été publié dans: le bulletin A.G.C.F. ( Amitiés
Génalogiques Canadiennes Françaises, B.P. 10; 86220, Les Ormes,
France), 2 ème semestre 1999, n° 9, p 14..16) |